Core Web Vitals : le guide pour améliorer les performances de votre site
Comprendre et optimiser les Core Web Vitals de Google. Guide pratique pour améliorer la vitesse, l'interactivité et la stabilité visuelle de votre site web.
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Votre site est en ligne, le contenu est soigné, le design est professionnel... mais vos positions sur Google stagnent ? Le problème vient peut-être de la performance technique de votre site. Depuis 2021, Google utilise un ensemble de métriques appelées Core Web Vitals pour évaluer l'expérience utilisateur offerte par chaque page web. Ces indicateurs influencent directement votre référencement naturel.
Dans ce guide, nous allons vous expliquer simplement ce que sont les Core Web Vitals, pourquoi ils comptent, comment les mesurer et surtout comment les améliorer concrètement.
Qu'est-ce que les Core Web Vitals ?
Les Core Web Vitals sont un ensemble de trois métriques de performance définies par Google pour mesurer la qualité de l'expérience utilisateur sur une page web. Elles évaluent trois aspects fondamentaux : la vitesse de chargement, la réactivité aux interactions et la stabilité visuelle de la page.
Google a introduit ces métriques en 2020 et les a intégrées comme facteur de classement officiel dans son algorithme à partir de juin 2021, dans le cadre de la mise à jour "Page Experience". L'objectif est clair : favoriser les sites qui offrent une expérience fluide, rapide et agréable à leurs visiteurs.
Concrètement, lorsque deux pages proposent un contenu de qualité équivalente sur un même sujet, celle qui offre de meilleurs Core Web Vitals aura tendance à être mieux positionnée dans les résultats de recherche.
Les Core Web Vitals ne sont pas un critère isolé. Ils font partie d'un ensemble plus large appelé "Page Experience" qui inclut également le HTTPS, l'absence d'interstitiels intrusifs et la compatibilité mobile.
Les 3 métriques expliquées simplement
LCP -- Largest Contentful Paint (vitesse de chargement)
Le LCP mesure le temps nécessaire pour afficher le plus grand élément visible de la page (souvent une image principale, une bannière ou un bloc de texte important). C'est l'indicateur de la vitesse de chargement perçue par l'utilisateur.
Les seuils définis par Google :
- Bon : inférieur à 2,5 secondes
- À améliorer : entre 2,5 et 4 secondes
- Mauvais : supérieur à 4 secondes
Exemple concret : Lorsqu'un visiteur arrive sur votre page d'accueil, le LCP mesure le temps avant que l'image principale ou le titre en grand soit complètement affiché. Si votre visiteur attend plus de 2,5 secondes pour voir apparaître le contenu principal, Google considère que l'expérience est dégradée.
INP -- Interaction to Next Paint (interactivité)
Le INP (Interaction to Next Paint) mesure la réactivité de votre page face aux actions de l'utilisateur. Il évalue le temps entre le moment où un visiteur interagit avec votre page (clic sur un bouton, saisie dans un formulaire, sélection dans un menu) et le moment où le navigateur affiche la réponse visuelle à cette interaction.
Point important : L'INP a officiellement remplacé le FID (First Input Delay) en mars 2024. Contrairement au FID qui ne mesurait que le délai de la première interaction, l'INP prend en compte toutes les interactions de l'utilisateur pendant sa visite. C'est donc une métrique beaucoup plus représentative de l'expérience réelle.
Les seuils définis par Google :
- Bon : inférieur à 200 millisecondes
- À améliorer : entre 200 et 500 millisecondes
- Mauvais : supérieur à 500 millisecondes
Exemple concret : Un visiteur clique sur le bouton "Ajouter au panier" de votre site e-commerce. L'INP mesure le temps avant que la page réagisse visuellement (affichage d'une animation, mise à jour du compteur du panier, etc.). Si ce délai dépasse 200 ms, l'utilisateur ressent un "lag" désagréable.
CLS -- Cumulative Layout Shift (stabilité visuelle)
Le CLS mesure la stabilité visuelle de votre page. Il quantifie les déplacements inattendus d'éléments visibles pendant le chargement. Ces "sauts" de mise en page surviennent quand des éléments (images, publicités, polices) se chargent tardivement et poussent le contenu déjà visible.
Les seuils définis par Google :
- Bon : inférieur à 0,1
- À améliorer : entre 0,1 et 0,25
- Mauvais : supérieur à 0,25
Exemple concret : Vous lisez un article et vous êtes sur le point de cliquer sur un lien, quand soudain une image publicitaire se charge au-dessus et pousse tout le texte vers le bas. Vous cliquez alors au mauvais endroit. Ce type de déplacement inattendu est exactement ce que le CLS pénalise.
Pourquoi Google utilise les Core Web Vitals comme facteur de classement
La mission de Google est de fournir les résultats les plus pertinents et la meilleure expérience possible aux utilisateurs. Les Core Web Vitals s'inscrivent dans cette logique.
L'expérience utilisateur au coeur de l'algorithme
Google a constaté que les utilisateurs quittent plus rapidement les sites lents ou instables. Les études internes de Google montrent que :
- 53 % des visiteurs mobiles abandonnent une page qui met plus de 3 secondes à charger.
- Un délai de chargement de 1 à 3 secondes augmente le taux de rebond de 32 %.
- Les pages instables visuellement génèrent frustration et perte de confiance.
En intégrant les Core Web Vitals dans son algorithme, Google incite les propriétaires de sites à investir dans la qualité technique, ce qui profite à tout le monde.
Un facteur parmi d'autres, mais un facteur réel
Il faut être honnête : les Core Web Vitals ne sont pas le critère de classement le plus déterminant. Le contenu de qualité, les backlinks et la pertinence thématique restent prépondérants. Cependant, à contenu équivalent entre deux pages concurrentes, les Core Web Vitals peuvent faire la différence. C'est un facteur de départage qui prend de l'importance au fil des mises à jour de Google.
De plus, de bons Core Web Vitals améliorent indirectement votre SEO en réduisant le taux de rebond et en augmentant le temps passé sur le site, deux signaux que Google interprète positivement.
Comment mesurer ses Core Web Vitals
Avant d'optimiser, il faut mesurer. Voici les principaux outils à votre disposition.
Google PageSpeed Insights
C'est l'outil de référence. Rendez-vous sur PageSpeed Insights, entrez l'URL de votre page, et vous obtiendrez un rapport détaillé de vos Core Web Vitals avec des données réelles (issues du Chrome User Experience Report) et des données de laboratoire.
L'outil fournit également des recommandations concrètes pour améliorer chaque métrique, classées par impact potentiel.
Google Search Console
Dans la section "Expérience" > "Signaux Web essentiels" de la Google Search Console, vous trouverez un rapport global de la santé de votre site. Les pages sont classées en trois catégories : bonnes, à améliorer, et mauvaises. C'est idéal pour avoir une vue d'ensemble et identifier les pages problématiques à traiter en priorité.
Lighthouse (dans Chrome DevTools)
Ouvrez les outils de développement de Chrome (F12), puis l'onglet "Lighthouse". Lancez un audit "Performance" pour obtenir un score détaillé avec les Core Web Vitals. L'avantage de Lighthouse est qu'il fonctionne en environnement de laboratoire, ce qui permet de tester des modifications avant de les mettre en production.
Extension Web Vitals
L'extension Chrome "Web Vitals" affiche les trois métriques en temps réel pendant votre navigation. C'est un outil pratique pour un diagnostic rapide sur n'importe quelle page, y compris celles de vos concurrents.
Comment améliorer le LCP
Le LCP est souvent la métrique la plus impactée par des choix techniques simples. Voici les actions les plus efficaces.
Optimiser les images
Les images sont la première cause d'un LCP lent. Pour les optimiser :
- Utilisez des formats modernes comme WebP ou AVIF, qui offrent une compression supérieure au JPEG et au PNG classiques.
- Redimensionnez les images à la taille d'affichage réelle. Ne chargez pas une image de 4000 px de large pour l'afficher à 800 px.
- Compressez les images avec des outils comme Squoosh, TinyPNG ou ImageOptim.
- Spécifiez les dimensions (width et height) dans le code HTML pour éviter les recalculs de mise en page.
Pour aller plus loin sur l'optimisation globale de votre site, consultez notre guide pour optimiser son site web.
Mettre en place un CDN
Un CDN (Content Delivery Network) distribue votre contenu sur des serveurs répartis géographiquement. Vos visiteurs chargent les ressources depuis le serveur le plus proche d'eux, ce qui réduit considérablement le temps de chargement. Nous détaillons le fonctionnement dans notre article sur le CDN.
Le choix de votre hébergeur a aussi un impact direct sur la vitesse. Un serveur lent pénalisera inévitablement votre LCP, quel que soit le niveau d'optimisation de vos images. Pour en savoir plus, consultez notre article sur l'hébergement web et SEO.
Optimiser les polices de caractères
Les polices web personnalisées peuvent bloquer le rendu du texte. Pour éviter cela :
- Utilisez la propriété
font-display: swappour afficher du texte immédiatement avec une police de substitution. - Preloadez vos polices critiques avec la balise
<link rel="preload">. - Limitez le nombre de variantes de polices chargées (poids, styles).
Éliminer les ressources bloquantes
Les fichiers CSS et JavaScript chargés dans le <head> de la page bloquent le rendu. Pour améliorer le LCP :
- Identifiez le CSS critique (au-dessus de la ligne de flottaison) et intégrez-le en inline.
- Différez le chargement des scripts non essentiels avec les attributs
asyncoudefer. - Minimifiez vos fichiers CSS et JavaScript pour réduire leur taille.
Comment améliorer l'INP
L'INP dépend de la capacité de votre page à réagir rapidement aux interactions. Voici les principales pistes d'amélioration.
Réduire et optimiser le JavaScript
Le JavaScript est le principal responsable d'un INP élevé. Chaque script exécuté sur le thread principal du navigateur bloque temporairement les interactions.
- Auditez vos scripts : identifiez les scripts tiers (analytics, widgets, chatbots) qui alourdissent la page. Supprimez ceux qui ne sont pas indispensables.
- Divisez les tâches longues : une tâche JavaScript de plus de 50 ms est considérée comme "longue" et bloque les interactions. Découpez ces tâches en morceaux plus petits.
- Chargez les scripts de manière différée : utilisez
async,deferou le chargement dynamique pour éviter de bloquer le rendu initial.
Utiliser les Web Workers
Pour les calculs lourds (traitement de données, manipulation d'images), déplacez-les dans un Web Worker. Ce mécanisme permet d'exécuter du JavaScript dans un thread séparé, sans bloquer le thread principal et donc sans impacter la réactivité de la page.
Optimiser les gestionnaires d'événements
Les fonctions exécutées lors des interactions (clics, saisies, scrolls) doivent être aussi légères que possible.
- Évitez les calculs complexes dans les gestionnaires d'événements.
- Utilisez le debouncing et le throttling pour limiter la fréquence d'exécution des fonctions liées au scroll ou à la saisie.
- Privilégiez les mises à jour visuelles via
requestAnimationFramepour garantir des animations fluides.
Réduire la taille du DOM
Un DOM (Document Object Model) trop volumineux ralentit le navigateur lors des mises à jour visuelles. Visez moins de 1 500 éléments DOM sur vos pages et évitez les imbrications excessives de balises HTML.
Comment améliorer le CLS
La stabilité visuelle est souvent la métrique la plus simple à corriger, car les causes sont bien identifiées.
Toujours définir les dimensions des images et vidéos
La cause numéro un du CLS est le chargement d'images et de vidéos sans dimensions définies. Le navigateur ne connaît pas la taille de l'élément avant son chargement complet et réserve donc zéro espace, ce qui provoque un décalage quand le média apparaît.
Solution : Ajoutez toujours les attributs width et height à vos balises <img> et <video>, ou utilisez la propriété CSS aspect-ratio pour réserver l'espace nécessaire.
Précharger les polices web
Le chargement tardif d'une police web peut provoquer un "flash" visible (FOUT -- Flash of Unstyled Text) qui décale la mise en page lorsque la police définitive remplace la police de substitution.
- Utilisez
<link rel="preload" as="font">pour les polices critiques. - Appliquez
font-display: swapdans vos déclarations@font-face. - Choisissez des polices de substitution dont les métriques (taille, espacement) sont proches de la police finale.
Éviter le contenu injecté dynamiquement
Les bannières publicitaires, les pop-ups de consentement aux cookies et les barres de notification injectées après le chargement initial sont des sources fréquentes de CLS.
- Réservez de l'espace fixe pour les encarts publicitaires ou les bannières, même avant leur chargement.
- Positionnez les éléments dynamiques en overlay (par-dessus le contenu) plutôt qu'en les insérant dans le flux du document.
- Évitez d'insérer du contenu au-dessus du contenu existant, sauf en réponse à une action de l'utilisateur (clic, par exemple).
Gérer correctement les animations
Privilégiez les propriétés CSS transform et opacity pour vos animations, car elles n'affectent pas la mise en page. Évitez d'animer des propriétés comme width, height, top ou left qui déclenchent des recalculs de mise en page.
Outils et checklist rapide
Outils recommandés
- PageSpeed Insights : analyse complète avec données terrain et recommandations.
- Google Search Console : vue d'ensemble des Core Web Vitals sur tout le site.
- Lighthouse : audit de performance en environnement de laboratoire (intégré à Chrome).
- Extension Web Vitals : mesure en temps réel pendant la navigation.
- WebPageTest : tests avancés depuis différentes localisations et appareils.
Checklist de vérification
Avant de publier ou mettre à jour une page, vérifiez les points suivants :
Pour le LCP (objectif : moins de 2,5 s)
- Les images sont compressées et en format WebP ou AVIF.
- Un CDN est en place pour la distribution du contenu.
- Les polices sont préchargées avec
font-display: swap. - Les ressources CSS et JS critiques sont optimisées.
- L'hébergement est performant (temps de réponse serveur inférieur à 200 ms).
Pour l'INP (objectif : moins de 200 ms)
- Les scripts tiers non essentiels sont supprimés ou différés.
- Les tâches JavaScript longues sont découpées.
- Les gestionnaires d'événements sont légers.
- Le DOM compte moins de 1 500 éléments.
Pour le CLS (objectif : moins de 0,1)
- Toutes les images et vidéos ont des dimensions définies.
- Les polices sont préchargées.
- Aucun contenu n'est injecté au-dessus du contenu visible sans espace réservé.
- Les animations utilisent
transformetopacity.
Le lien entre performance et sécurité
N'oubliez pas que la performance de votre site passe aussi par sa sécurisation. Un certificat SSL correctement configuré contribue non seulement à la sécurité de vos visiteurs, mais évite aussi les redirections inutiles qui pénalisent le temps de chargement.
Passez à l'action : faites auditer votre site
Les Core Web Vitals ne sont pas une mode passagère. Ils représentent la direction prise par Google pour évaluer la qualité technique des sites web. Investir dans l'amélioration de ces métriques, c'est investir à la fois dans votre référencement et dans la satisfaction de vos visiteurs.
Si vous ne savez pas par où commencer, la première étape est de réaliser un diagnostic complet de votre site. Un audit SEO vous permettra d'identifier précisément les points à améliorer et de prioriser vos actions.
Vous souhaitez connaître l'état de vos Core Web Vitals et les axes d'amélioration de votre site ? Demandez votre audit SEO gratuit : vous recevrez un rapport détaillé avec des recommandations concrètes et priorisées pour améliorer la performance et le référencement de votre site.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que les Core Web Vitals ?
Les Core Web Vitals sont trois métriques définies par Google pour mesurer l'expérience utilisateur d'une page web : le LCP (vitesse de chargement), l'INP (réactivité aux interactions) et le CLS (stabilité visuelle). Ils font partie des critères de classement de Google depuis 2021.
Le FID existe-t-il encore ?
Non. Le FID (First Input Delay) a été officiellement remplacé par l'INP (Interaction to Next Paint) en mars 2024. L'INP est plus complet car il mesure la réactivité sur toutes les interactions, pas seulement la première.
Les Core Web Vitals impactent-ils vraiment le SEO ?
Oui, mais ils ne sont pas le critère le plus déterminant. Le contenu et les backlinks restent prépondérants. Cependant, à contenu équivalent, de bons Core Web Vitals peuvent vous donner un avantage sur vos concurrents. Et indirectement, un site rapide et stable réduit le taux de rebond, ce qui favorise le référencement.
Comment savoir si mes Core Web Vitals sont bons ?
Le moyen le plus simple est d'utiliser PageSpeed Insights (pagespeed.web.dev). Entrez l'URL de votre page et vous obtiendrez un diagnostic avec les valeurs de chaque métrique et des recommandations d'amélioration.
Quelle est la métrique la plus importante à améliorer en priorité ?
Cela dépend de votre site, mais en général, le LCP a le plus grand impact perceptible. Un site qui s'affiche rapidement donne immédiatement une bonne impression aux visiteurs et aux moteurs de recherche. Commencez par optimiser vos images et votre hébergement.
Peut-on avoir un bon référencement avec de mauvais Core Web Vitals ?
Oui, c'est possible si votre contenu est excellent et que vous avez un bon profil de backlinks. Mais vous laissez un avantage à vos concurrents qui auraient un site aussi bon en contenu et de meilleures performances techniques. Améliorer ses Core Web Vitals est toujours un investissement rentable.
